Sortir de la maison

Voici ce qui m’a toujours guidé. Un besoin permanent de me réinventer afin de faire mieux.

Il m’aura fallu des années pour comprendre qu’avant de vouloir changer le monde, il faut déjà apprendre à se connaître soi-même.

Will Tuttle, philosophe américain, a écrit un livre qui a changé ma vie : Nourrir la paix. Il y parle de l’importance de « quitter la maison ».

nourrir la paix will tuttle

Je n’aime pas la paraphrase, mais je vous glisse cet extrait qui vous aidera à comprendre tout le sens de l’histoire qui va suivre :

« Si nous voulons mûrir spirituellement et moralement et que nous voulons nourrir en nous les graines de l’intelligence, de la compassion et de la liberté, nous devons remettre en question les convictions sur lesquelles reposent la famille et la civilisation au sein desquelles nous sommes nés. Le bouddhisme parle de « quitter la maison ».

Cette démarche est essentielle pour qui cherche le progrès spirituel. Joseph Campbell appelle cela le Voyage du Héros. Nous entreprenons ainsi un périple intérieur (et normalement extérieur en même temps) au cours duquel nous arrivons à une meilleure connaissance de nous-mêmes.

Puis, nous retournons à notre civilisation en possession de nouveaux pouvoirs qui nous permettent de réformer, vivifier et améliorer notre communauté grâce au développement intérieur que nous avons réussi durant notre voyage ».

Les lignes qui suivent vous compte l’histoire de mon voyage.

Voici comment j’ai d’abord changé mon monde avant de vouloir changer le reste du monde.

Avant de changer le monde, il faut apprendre à se dire non. Avoir le courage de regarder à l’intérieur de soi. Affronter la peur de l’échec, de l’autocritique, des remords et épreuves que l’on refoule au fond de soi.

Avant de changer le monde, il faut apprendre se poser les bonnes questions et accepter de ne pas avoir toutes les réponses tout de suite.

Voilà deux ans que j’ai pris ce long et sans doute interminable chemin vers ma source intérieure.

J’ai fait les mêmes erreurs un nombre incalculable de fois et j’ai donc souffert un nombre incalculable de fois, jusqu’à ce fameux soir : ce soir, où je me suis rencontré pour la première fois.

C’était ce genre de moment où l’expression « se prendre ses 4 vérités » prend tout son sens puisqu’une personne très énervée contre moi, martelait mon ego à coup de hache. Ma forteresse intérieure en avait vu des pires.

Je l’écoutais sans l’écouter, pensant que jamais je ne déposerais les armes pour me résoudre à voir celui que j’étais vraiment.

Ce soir-là, j’ai appris une première leçon.

Ne te crois jamais sauvé, car c’est quand tu penses être guéri que tu retombes malade (vous comprendrez le sens de cette pensée plus tard).

Je me pensais intouchable et j’ai donc baissé la garde. Ce ne sont pas les mots qui ont pénétré ma forteresse intérieure, mais ma conscience.

Vous savez, il n’est pas donné à tout le monde de se rencontrer soi-même. Le concept en soi peut paraître religieux voire fou, mais ce soir-là, quand mon cerveau a rencontré mon âme : j’ai su.

J’ai su que je n’avais jamais été seul. Vous savez « cette petite voix » qui parfois nous guide avec une clairvoyance qu’on ne saurait remettre en question.

Ces brefs moments de vie, où la certitude de faire le bon choix nous transperce. Ces moments, c’est à cette autre part de notre être que nous les devons.

Le sentiment ressenti quand on se rencontre comme pour la première fois est presque indescriptible.

Imaginez l’émotion que vous ressentiriez en combinant ces deux moments :

  • L’impression de revoir un membre de votre famille après des années que vous pensiez mort.
  • Le soulagement ressenti lorsque l’on vous annonce que votre bien-aimé(e), victime d’un grave accident, survivra.

Imaginez, ressentez ces deux situations, puis combinez-les. Alors vous commencerez d’entrevoir ce que je décris. 

Bien sûr, j’ai pleuré comme je n’avais jamais pleuré auparavant. Je ne voyais plus avec mes yeux, je n’entendais plus avec mes oreilles, je ne parlais plus avec ma bouche et pourtant j’ai eu ce soir-là, en l’espace de quelques secondes, la plus belle et profonde conversation qu’il m’ait été donné d’avoir avec quelqu’un.

J’ai eu cette conversation sans parler.

Quand vous réalisez que vous n’êtes pas seul et qu’en réalité vous n’avez jamais été seul, vous ressortez avec une confiance dans la vie à toute épreuve.

On nous répète à l’école, au sport, en famille, entre amis : « crois en toi », « ne sois pas trop dure avec toi », « pense à toi », « libre à toi ».

Le « toi » est un « nous ». Une équipe en tandem. J’ai passé ma vie à refouler certains aspects de ma personnalité. Mon côté séducteur qui me poussait à jouer double jeu. Mon côté travailleur qui me poussait au burn-out. Mon côté compétiteur qui faisait que je ne jouais pas pour le plaisir du jeu, etc.

Lorsque l’on se rencontre, on réalise qu’il n’y a pas de bons ni de mauvais côtés, juste un parfait équilibre auquel aspirer, en ne gardant au quotidien que le meilleur de notre personnalité.

Il existe des forces dans ce que je croyais être des faiblesses.

Ma grand-mère me répète depuis très jeune : « in medio stat virtus ». « La vertu est éloignée des extrêmes ».

Jamais facile de tenir en équilibre face aux vents violents de la vie. Encore plus quand on a l’impression de tout affronter seul.

Me rencontrer a renforcé mon ancrage et ma stabilité émotionnelle et physique.

Je prends désormais à l’âge de 29 ans mes décisions : « en mon âme et conscience ».

Ce duo de choc (dont je contribue tous les jours à garder l’équilibre) me rend aujourd’hui heureux et fier de la personne que je suis.

Fier d’avoir le courage d’écrire ces mots d’une seule traite, car je sais qu’ils sonnent juste, car mon cœur les chuchote et mon cerveau les écrit.

J’ai donc à 29 ans compris que si l’on souhaite changer le monde, comme beaucoup d’entrepreneurs et de doux rêveurs le proclament, il nous faut d’abord apprendre à nous changer nous-même.

Cessons d’attendre le ou les changements de l’extérieur et prenons le temps de nous arrêter pour regarder à l’intérieur.

Voici ce que j’ai changé depuis 2 ans étape par étape et ce que cela m’a apporté :

  • J’ai déposé les armes et je me suis rencontré le 27 décembre 2017 : le 1er janvier 2018, je rencontrais la femme de ma vie. Si je n’avais pas ouvert les yeux et mon cœur avant ce soir-là, je n’aurais probablement même pas vu son regard. Ce soir-là, seulement 4 heures après l’avoir rencontrée, pour la première fois de ma vie, je lui ai dit « nous nous marierons ». Elle était encore une étrangère à ce moment-là et deux ans plus tard je compte l’épouser. « Le cœur a ses raisons que la raison ignore » dira-t-on.
  • J’ai arrêté de manger de la viande le 26 août 2018 après avoir visionné une vidéo sur les abattoirs : ce jour-là je n’ai pas regardé cette vidéo seulement avec ma conscience, mais aussi avec mon âme. Je suis devenu par la suite végétarien puis vegan. J’ai l’intime conviction que jamais je ne remangerai de la souffrance. C’est le premier fil écologique que j’ai tiré et bien d’autres ont suivi.
  • J’ai rencontré Dieu pour la première fois en septembre 2018 : athée convaincu, j’ai découvert que Dieu est en chacun d’entre nous. Nous avons tous une part de divinité en nous. Quand on se rencontre, on rencontre indubitablement cette part. J’ai compris que j’étais poussière et qu’il m’était impossible de tout comprendre. Depuis j’aime la vie comme elle vient : le bon et le moins bon.
  • J’ai déménagé en Suède le 1er janvier 2019 : j’ai fait la surprise à ma copine en venant un mois plus tôt que prévu. Imaginez sa réaction à l’aéroport après avoir tout juste fêté nos 1 an de relation, quand je lui annonce que 4 semaines viennent de s’écouler en un instant. Me rencontrer m’a donné la force d’aller habiter pour la première dans un pays étranger, laissant derrière moi ma famille et mes amis. Je n’ai jamais été aussi proche d’eux depuis. Cela me rappelle cette phrase de ma grand-mère : « la distance tue les petits amours et fait grandir les grands ».

Ce jour-là j’ai « quitté la maison ». Si je n’avais pas mûri spirituellement et moralement auparavant, si je n’avais pas déjà « quitté ma maison intérieure », je n’aurais jamais eu le courage de franchir le cap.

  • J’ai arrêté de regarder du porno le 17 février 2019 : vous devez surement vous dire : qui écrit ça sur un blog d’agence ? Ben moi ! Le porno est un fléau pour le cerveau et pour l’écologie, quid de la pollution numérique ?
  • À partir de mars 2019, j’ai entrepris également un vaste changement dans mes habitudes de consommation et dans ma vie quotidienne. Mon objectif ? Diminuer mon empreinte carbone personnelle. J’ai donc réalisé un document listant plus de 100 actions écoresponsables que j’ai mises en place une fois ou de manière quotidienne dans ma vie. Ehoui, je fais partie de ces personnes qui font pipi sous la douche entre autres choses.
  • À partir de mai 2019 j’ai pratiquement arrêté mon activité professionnelle, car la dissonance cognitive entre mes nouvelles valeurs portées sur le social et l’environnement et mon job au quotidien devenait trop grande : pendant 6 mois j’ai vu 2 coachs : un coach de vie et une coach emploi. J’ai souffert, je me suis remis en question. J’ai reçu des critiques : « pourquoi tu ne travailles plus ? », « tu as un business qui marche très bien, pourquoi tu ne veux pas gagner plus ? », « prends tout ce que tu peux prendre maintenant et tu poseras ces questions-là quand tu auras le confort financier ». J’ai compris que la découverte de soi, peu importe le contexte, ne doit jamais attendre.
  • Après cette longue traversée de mon désert intérieur, j’ai changé mon activité professionnelle du tout au tout le 1er janvier 2020. Auparavant je travaillais pour survivre, autrement dit je travaillais pour moi. Gagner de l’argent, me mettre à l’abri moi et ma famille. Je n’avais pas vraiment d’objectif d’ailleurs. Quelle limite pose-t-on derrière la phrase « se mettre à l’abri » ? J’ai donc créer un collectif d’acteurs engagés pour le monde de demain « We Act 4 Earth », dont ma société Wyneo fait partie. 

Le bout de ce long chemin (qui en réalité ne fait que commencer pour moi) m’a fait prendre conscience de quatre choses :

  1. Il faut prendre le temps.
  2. Il faut savoir dire « non » à soi, aux autres, aux systèmes.
  3. Il faut coopérer.
  4. Il faut donner sans rien attendre.

En février 2020, j’ai donc appliquer ces 4 prises de conscience à ma société Wyneo.

J’ai tout d’abord souhaité dire non à la croissance infinie. Il est temps de contrer la logique capitaliste qui consiste à croître sans limites. Si l’infini est notre limite : comment atteindre un quelconque contentement dans la vie ?

Aussi, j’ai signé une déclaration d’engagements avec le collectif We Act 4 Earth indiquant qu’au-delà de 5000 euros de rémunérations mensuelles, 100% des bénéfices restants de ma société Wyneo seront donnés à des associations partenaires du collectif We Act 4 Earth qui protègent la planète et les habitants qui y séjournent. 

S’imposer un salaire maximum au-delà duquel tout ce qu’on produit part en donation : cela me donne une force incroyable.

Ce n’est donc plus uniquement pour moi que je travaille, mais aussi et surtout pour une cause plus grande. N’est-ce pas la définition même d’un job passionnant ? Qui a du sens ? Je vois désormais mon activité comme une course du Téléthon. Vous savez, ces courses où plus vous courrez, plus vous récoltez de dons. Mon objectif tous les ans et de courir le plus possible, d’une part pour atteindre le palier des 5000 euros de rémunérations le plus rapidement et d’autre part pour au-delà de ce palier produire un maximum de valeurs qui servira la nature et ses êtres vivants. 

« 10% du montant des prestations signées avec nos clients seront directement transférés dans l’une de des associations/ ONG partenaires du collectif We Act 4 Earth »

Au cas où, je n’atteins pas ce palier des 5000 euros, je sais que je donne à chaque fois que je signe un nouveau contrat.

« Je ne travaille qu’avec des structures à impacts positifs. »

J’ai décidé de dire non aux entreprises qui prennent d’une main et arrachent tout de l’autre.

« Mes fournisseurs, partenaires et clients partagent mes valeurs et convictions. »

J’ai décidé de travailler avec les convaincus et/ou celles et ceux qui ont envie de « quitter la maison ».

À ce sujet, j’ai d’ailleurs signé une déclaration d’engagements avec le collectif We Act 4 Earth qui détaille l’intégralité de ce que j’ai écrit ci-dessus. Découvrez la déclaration.

« Quitter sa maison » demande du courage et du temps !

Mon cheval de bataille, mon premier fil et qui m’a amené à en tirer bien d’autres, a été la souffrance animale. Chaque personne est différente, il faut laisser le choix du changement.

Il faut aussi savoir accepter que certaines personnes ne soient pas prêtes à changer aujourd’hui.

L’humain est courageux et bon en soi. C’est juste que parfois on court après le temps, après nos obligations et responsabilités et l’on oublie l’essentiel.

Il n’a jamais été question de travailler pour nous, mais bien pour les autres incluant la nature et tous les êtres vivants (pas seulement les humains).

Je suis sincèrement convaincu que c’est la clé du bonheur. Se fixer des objectifs de salaires raisonnables au-delà desquels le surplus aide la nature et les démunis.

Si vous souhaitez attendre de devenir riche ou même de vous fixer une limite raisonnable, je vais tout de suite vous faire gagner un temps précieux : regardez les plus riches de ce monde.

Tôt ou tard, ils réalisent ce que je viens de vous écrire et créent des fondations pour donner à leur tour.

N’attendons pas d’en avoir trop pour donner.

Cessons de reproduire les erreurs du passé, cassons les codes du business traditionnel, sortons des sentiers battus, rencontrons notre force intérieure et ayons le courage de nos convictions.

C’est la clé pour apprendre à s’aimer, à aimer les autres, à parler avec son cœur et à accepter la chose vers laquelle tout le monde tend en ce monde : être heureux !

Ma vision pour l’année 2020 ?

Fédérer mes amis entrepreneurs et fournisseurs autour du collectif We Act 4 Earth. Conquérir les cœurs à mon humble niveau.

Appliquer ce virage à 360° à mon activité d’abord sur Wyneo. Réaliser le même chiffre d’affaires que l’année dernière pour montrer au monde qui m’entoure que l’on a tout à gagner, que l’on peut subvenir à nos besoins sans détruire ni perdre ce qui a réellement de l’importance pour nous.

Ma vision pour l’année 2021 ?

Répandre la philosophie que je viens de vous décrire à travers la France et la Suède auprès des entrepreneurs de petite taille comme moi pour ensuite répandre le mouvement dans les TPE, PME et grandes entreprises.

Si le cœur vous en dit et que vous êtes prêt(e) à « quitter la maison », la porte de notre collectif est grande ouverte.

Nous bâtissons un présent nouveau et un futur souhaitable pour nos enfants et les suivants.

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